Lambeau déplacé coronairement bilaminaire
Présentation d’un cas
Le lambeau déplacé bilaminaire est souvent mal compris. C’est une technique dont l’efficacité est éprouvée et pourtant nombre d’entre nous sommes mal à l’aise avec sa mise en œuvre. Lorsque l’on parle de lever un lambeau de grande étendue par exemple, c’est une image brouillonne et sanguine qui imprègne l’esprit en plus du risque de morbidité. Pourtant, cette technique est la somme d’une multitude de temps chirurgicaux très précis qui, mis bout à bout, assurent un bénéfice indéniable : la possibilité de recouvrir des récessions radiculaires multiples, rapidement et avec une cicatrisation esthétique.
TEMPS PAR TEMPS CHIRURGICAL Remarque préalable : les photographies sont visualisées selon l’axe de travail du praticien. Un patient se présente en consultation pour le traitement de récessions au maxillaire. La doléance est esthétique, il se plaint de dents « longues ». L’anamnèse médicale révèle que le patient est non fumeur, en bonne santé générale et qu’il ne suit aucun traitement médicamenteux. L’examen clinique montre des récessions de Cairo I et II de 16 à 26 incluses (figures 1 et 2).
La classification de Cairo, publiée en 2011, est particulièrement intéressante puisqu’elle donne un pronostic de recouvrement total en fonction de la perte d’attache proximale. C’est un premier niveau de lecture de la situation clinique, rapide et ne nécessitant qu’une sonde parodontale. Elle présente trois classes :
– classe I (RT1) : la perte d’attache est unique- ment vestibulaire, la jonction amélocémentaire proximale n’est pas visible cliniquement. Le pronostic de recouvrement complet est de 74 % ;
– classe II (RT2) : la perte d’attache proximale est inférieure à la perte d’attache vestibulaire, la jonction amélocémentaire proximale est visible cliniquement. Le pronostic de recouvre- ment complet est de 24 % ;
– classe III (RT3) : la perte d’attache proximale est supérieure à la perte d’attache vestibulaire. Le pronostic de recouvrement complet est nul.
Il est proposé de réaliser un traitement de l’arcade complète en une fois par lambeaux déplacés coronairement bilaminaires. Bien qu’il n’existe aucun consensus à ce sujet, le patient est préalablement mis sous antibiothérapie (amoxicilline 1,5 g/j pendant 6 jours à partir de la veille) et corticothérapie (prednisolone 1 mg/kg/j en prise unique pendant 4 jours à partir de la veille).


